09 Aug 2026
Planet Grep
Lionel Dricot: Un manifeste Offpunk

Un manifeste Offpunk
Ce texte est une traduction en français du Offpunk Manifesto rédigé par Arlon de Serra Grande et que j'ai co-signé
La révolution ne sera pas numérique
Alors que l'hyperconnexion apparait comme le symptôme d'un futur inéluctable, un timide mouvement semble prendre de l'ampleur : celui de la déconnexion volontaire et intentionnelle. L'adoption des « dumb phones » est en train de croître. Les appareils photo numériques font leur retour. Tout comme les cassettes audio et les machines à écrire… Il existe un mouvement pour se réabonner à la presse papier. Même le minidisc, vite oublié après le succès des lecteurs MP3, semble renaître de ses cendres.
Au début du siècle, Internet semblait être la dernière pièce pour mettre en place le fameux « village global » de Marshall McLuhan. Les ordinateurs, rares et chers (et donc parfois partagés) étaient des portails vers un autre monde. Les gouvernements consacraient beaucoup d'argent pour s'assurer que même les plus pauvres ne soient pas des exclus numériques.
Et nous y sommes arrivés ! Nous allons bientôt passer le cap de trois appareils connectés par humain, selon l'estimation du Cisco Visual Network 2020.
Le numérique est partout et considéré comme acquis. Que nous le voulions ou non, nous sommes tous connectés en permanence. Car nous ne nous connectons plus à Internet : nous y vivons sans plus jamais le quitter !
Comme si nous portions un uniforme, nous gardons toutes et tous notre téléphone dans notre poche pour travailler, pour vivre, pour aimer et sous l'oreiller pour dormir.
Le numérique a cessé d'être un outil pour devenir un environnement duquel on ne peut s'échapper. Autrement dit une prison.
« Préserver le non numérique n'est pas un retour vers le passé, c'est un devoir »
- Giulio Cavalli
Lorsque la connexion, même non nécessaire, devient obligatoire, la résistance ne consiste pas à détourner le système, mais bien à refuser tout simplement d'en faire partie.
Comme l'écrit l'auteur belge de science-fiction et développeur informatique Ploum, les punks de notre époque sont ceux qui osent vivre sans smartphone. Ce sont des « offpunks », comme je les appelle désormais.
La connexion est une arme de guerre
La première conséquence de cette centralisation monopolistique de la technologie est que la fourniture d'un accès à Internet est devenue une arme de guerre. Lorsque les grandes puissances entrent dans un conflit, elles ne cherchent plus seulement à perturber l'approvisionnement en eau ou en énergie, mais également à couper l'accès à Internet ou à certains services en ligne. La Russie a utilisé plusieurs fois cette tactique contre l'Ukraine. Israël fait de même contre la Palestine.
Fin 2025, le juge français Nicolas Guillou de la Cour Pénale Internationale a perdu ses accès à plusieurs services en ligne américains, dont Airbnb, Amazon et Paypal. La justification de cette sanction prise par les États-Unis était que Nicolas Guillou avait signé un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ministre de la défense Yoav Gallant, suite au caractère génocidaire des attaques israéliennes contre les territoires palestiniens. Les États-Unis sont pourtant l'un des seuls pays à soutenir les actions d'Israël au Proche-Orient.
La philosophie Offpunk est née de constatations simples, mais inconfortables : le monde numérique est fragile et notre vie sociale est intrinsèquement liée à notre environnement. Le corollaire évident est que nous ne devrions jamais dépendre entièrement de services propriétaires virtuels, car nous pouvons en être exclus sans préavis.
De nombreux exemples illustrent notre dépendance envers cette fragile infrastructure : le bug Microsoft qui a mis hors service des milliers de banques, de transports et de services critiques en 2024, le gouvernement brésilien qui a bloqué Twitter/X en 2024 ou la panne globale d'Amazon et Cloudfare qui a rendu une bonne partie des sites web injoignables fin 2025.
Lorsqu'un système est injoignable, que ce soit à cause d'une panne, d'une sanction politique ou d'une guerre, tout un univers virtuel disparaît purement et simplement. Vous n'avez aucun recours si le numérique connecté était votre seule option.
Après tout, une connexion permanente à haut débit n'est jamais garantie, spécialement dans les pays en voie de développement ou qui connaissent des troubles politiques. Même les pays riches et industrialisés ne sont pas à l'abri. À cause de sa politique de gestion de l'énergie, la ville de Sao Paulo, au Brésil, connait des coupures d'électricité fréquentes lorsqu'il pleut.
Dans ces pays, avoir un plan B « analogique » est une question de survie.
Le minimalisme numérique et l'Offpunk
Il ne faut pas confondre le mouvement « Offpunk » et le minimalisme numérique.
Le minimalisme numérique est une vision individuelle et autonome de la déconnexion, sans aucune remise en question des tendances sociétales et des structures de pouvoir.
Puisqu'une vie complètement déconnectée n'est plus possible, le minimalisme numérique tente de supprimer les aspects les plus addictifs et les plus envahissants de la connexion permanente.
Off, ma non troppo.
Mais ce dont nous avons réellement besoin c'est d'une possibilité de se déconnecter réellement, d'avoir le droit de vivre et de nous déplacer sans emporter avec soi un téléphone suffisamment récent, suffisamment chargé et avec un forfait suffisant pour être connecté 24h sur 24.
Dans "Digital Detox: The Politics of Disconnecting" (2020), Trine Syvertsen démontre comment la mouvance du minimalisme numérique contribue à un agenda néo-libéral qui fait endosser par les individus, comme l'utilisateur lambda d'un smartphone, la responsabilité de résoudre les problèmes structurels auparavant gérés par des institutions collectives. L'autrice identifie trois raisons principales qui motivent le minimalisme numérique, les 3 « P » : présence, productivité et vie privée. Les trois étant des motivations purement individuelles.
En d'autres termes, si vous avez l'impression de rater des moments importants de sociabilité, si vous n'êtes pas productifs dans votre travail ou vos projets à cause des notifications ou si vous n'aimez pas être espionné en permanence par les grands monopoles de la tech, c'est uniquement de votre faute, car vous n'avez pas assez d'autodiscipline. Ce n'est en rien lié à l'économie de l'attention, au capitalisme de surveillance et aux logiciels conçus pour être addictifs.
Ce déchargement de la responsabilité fait notamment partie de l'analyse de la société contemporaine par l'intellectuel germano-coréen Byung-CHul Han dans son livre « The Agony of Eros ». Il y dit notamment :
L'auto-exploitation est bien plus efficace que l'exploitation par d'autres, car elle donne une impression de liberté.
Un autre symptôme de ce déchargement des responsabilités sont les caisses automatiques et les distributeurs en libre-service dans les supermarchés, les banques voire les pharmacies. Le client doit désormais faire le travail des employés, le plus souvent sans aucune aide et pourtant sans payer moins cher. S'il y a une erreur dans le processus, c'est de toute façon le compte en banque du client qui sera débité, pas celui de l'entreprise.
Bien qu'initialement issue d'une tendance technophile, la mouvance Offpunk, au contraire du minimalisme numérique, promeut une déconnexion simple et sans prétention. Une déconnexion non excluante des activités sociales ou de l'exercice de ses droits de citoyen·ne·s.
Quand le minimalisme numérique voit la détox numérique comme un outil d'amélioration de la productivité, les offpunks envisagent la déconnexion comme une attitude anti-consumériste.
Définitions
Le mouvement Offpunk n'est pas un style de vie, c'est un positionnement par rapport à notre usage du numérique, une forme de quête de sevrage numérique collective qui explore les impacts sociaux et politiques de la déconnexion. Le mouvement tente de permettre aux individus de se réapproprier leurs loisirs, leur citoyenneté et leurs communications sans passer par un intermédiaire numérique incontournable. L'Offpunk ne s'oppose nullement à Internet ou à la technologie, il cherche juste à rendre possible une vie sans connexion permanente.
Dans son positionnement, Offpunk se rapproche plus des méthodes non dogmatiques comme la méditation ou les techniques de guérilla.
De plus, il est particulièrement remarquable que même les activités professionnelles traditionnellement analogiques, comme l'enseignement, soient de plus en plus envahies par le numérique. L'utilisation d'Internet est de plus en plus liée au travail et le terme même de « déconnexion » implique le loisir ou l'oisiveté.
En conséquence de quoi, la philosophie Offpunk défend le fait de vivre sa vie au sens large, au-delà de la séparation travail/vie privée.
Paradoxalement, toutes ces couches inutiles numériques dans notre vie quotidienne rendent l'interaction analogique et directe de plus en plus efficace ou confortable pour résoudre nos problèmes du quotidien (voir aussi la section « Instruments Offpunk »).
Offpunk embrasse autant l'adolescent qui achète un téléphone basique et rejoint un club luddite, un audiophile qui quitte Spotify pour se créer une collection de vinyles ou un lecteur MP3 hors-ligne, un expert qui utilise des systèmes de cybersécurité minimalistes. Le mouvement comprend également les militants qui luttent contre l'obsolescence programmée, qui installent Linux ou des ROMs dédiées sur des appareils normalement condamnés, un indépendant qui désactive Facebook et Instagram pour se concentrer sur ses clients directs voire une personne âgée qui refuse le smartphone pour effectuer ses démarches administratives.
Offpunk n'est pas de la nostalgie ! Ce n'est pas une technophobie naïve ou une idéalisation romantique d'un passé imaginaire. C'est, avant toute chose, la quête d'une indépendance et d'une souveraineté. Pour paraphraser Edouardo Fernandes :
La révolution technologique n'est pas révolutionnaire et se laisser dépasser n'est pas réactionnaire.
L'esthétique Offpunk
Offpunk n'a pas encore de visage, mais certains indices peuvent nous permettre de voir à quoi il va ressembler. La première vient d'une définition que donne Ploum de ses propres actions sur Internet : « Technopunk », un technophile antisystème.
Comme mentionné plus haut, Offpunk est un positionnement envers la technologie contemporaine, pas une utopie/dystopie ou une esthétique visuelle culturelle, comme le sont les mouvements Solarpunk ou Cyberpunk.
Quelques exemples :
1) En informatique, le navigateur Offpunk, qui donne son nom à ce manifeste, et le protocole Gemini.
2) En design, le concept du « Forever Computer » ou le téléphone Mudita Kompakt.
- The computer built to last 50 years (ploum.net)
- Mudita Kompakt, a minimalist E Ink® phone. (mudita.com)
3) Dans la société, le New York Luddite Club
4) Dans la culture, le roman « Bikepunk » (2024) ou le film « One Battle After Another » (2025)
Dans One Battle After Another, l'obsolescence, le « downgrade » est une stratégie pour conquérir sa liberté. Les personnages reviennent à des anciens appareils personnalisables pour créer un réseau de communication parallèle. Lorsque les nouvelles technologies apparaissent, comme le smartphone, elles ont pour objectif de mettre les personnages en danger, de les empêcher de réaliser leurs plans voire de les supprimer tout simplement.
- Edouardo Fernandes
Dans le film Germano-japonais « Perfect Days » (2023), on peut voir la routine idyllique de Hirayama, un nettoyeur de toilettes publiques à Tokyo, qui, dans son temps libre, prend des photographies, écoute des cassettes audio, se déplace à bicyclette et lit des livres avant de dormir. La particularité étant qu'il semble apprécier chaque moment de sa vie tout en étant totalement déconnecté.
Au Japon, un pays qui a toujours cherché l'équilibre entre la modernité et la tradition, on trouve encore partout des terminaux pour payer en espèce, des lignes téléphoniques fixes pour conduire la majorité des communications professionnelles et d'anciennes technologies encore utilisées par les plus grandes entreprises, comme le fax ou les disquettes.
En Inde, qui possède l'un des meilleurs réseaux téléphoniques du monde, un citoyen passe en moyenne 90 appels par jour !
Priorités du mouvement Offpunk
Offpunk s'inscrit dans les luttes sociétales plus larges telles que :
1) La lutte contre la surproduction
2) La lutte contre l'obsolescence programmée
3) La lutte contre « l'Internet of Things », qui veut que chaque objet, même le plus mondain, soit connecté, récolte des données envoyées à Big Data, nécessite des mises à jour et des applications externes.
4) La lutte contre l'économie de l'attention
5) La réduction des heures de travail qui sont de plus en plus virtuelles
6) Le droit au loisir, à la citoyenneté et au travail sans avoir besoin d'un appareil numérique connecté.
7) Le droit à l'inclusion des populations précarisées ou plus âgées qui dépendent non seulement d'un accès à un appareil numérique connecté, mais doivent également avoir les moyens de se former et de s'adapter pour le mettre à jour et continuer à l'utiliser en dépit des changements introduits.
L'éditorialiste italien Giulio Cavalli disait :
C'est vrai : la digitalisation simplifie, accélère et standardise les procédures. Mais seulement pour ceux qui ont les moyens d'en faire partie. Pour tous les autres, la porte du futur est en train de se fermer.
Les outils Offunk
1) Le paiement en espèce. Pratique, ne nécessitant ni électricité ni Internet et garantissant que vos données personnelles ne sont pas stockées, agrégées, ni revendues.
2) Les médias analogues. Garantissant qu'une communication reste possible sans Internet et que les données vous appartiennent bel et bien. Disques, livres, journaux, radio…
3) Les médias numériques indépendants et décentralisés. Email, sites web « brutalistes » ou minimalistes, flux RSS, appareils photo numériques non connectés, lecteurs MP3, dumbphones…
4) Stockage et transfert physique des données. Disques durs, clés USB, cartes mémoires ou solutions en ligne indépendantes et contrôlées individuellement. Afin de garantir que nos données ne dépendent pas du bon vouloir d'un « cloud » propriétaire.
5) Des protocoles de communications décentralisés : messagerie via Bluetooth (Bitchat), protocole Gemini, emails chiffrés, Tor, XMPP…
Les challenges
1) La première difficulté est la commodité, la convénience des outils propriétaires : amusement, normes sociales, ubiquité.
2) L'accès aux espaces sociaux qui nécessitent de plus en plus un outil numérique : concerts, parking, cinémas, clubs de sport voire menus de restaurants.
3) Construire des réseaux de relations, y compris professionnelles, sans intermédiaire numérique.
Nous défendons le droit non négociable à un monde non numérique. Le droit de partager sans algorithmes, de nous organiser socialement sans plateformes centralisées. Le droit de ne pas être en permanence connecté ni espionné.
Tant qu'une poignée de sociétés maintiendra un monopole sur la technologie, tant qu'une surveillance de masse sera en place avec la complicité des États, sans la moindre transparence sur les moyens mis en œuvre ni l'utilisation de ces données, tant que l'économie de l'attention pourra monnayer nos temps libres contre de la publicité, tant que les infrastructures mettront à mal l'indépendance des pays du Sud, tant qu'il y aura une digitalisation forcée alors que les accès à Internet ne sont pas considérés comme un droit basique, alors la révolution ne sera pas numérique !
Ce texte a été initialement rédigé en Portugais par Arlon de Serra Grande et cosigné par Ploum (Lionel Dricot)
À propos de l'auteur :
Je suis Ploum et je viens de publier Bikepunk, une fable écolo-cycliste entièrement tapée sur une machine à écrire mécanique. Pour me soutenir, achetez mes livres (si possible chez votre libraire) !
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09 Aug 2026 7:10pm GMT
Dries Buytaert: Responsibility follows control
The text is clean. I found only one minor issue: a double space.
An AI model does not decide what data it can access, which tools it can use, or whether it can act without approval. People make those decisions at different points. Upstream, a model developer trains and tests the model and decides whether and how to release it. Downstream, a developer builds the model into a system, connects that system to data and tools, and decides whether a person must review its proposed actions before they take effect.
Those choices determine whether harm is possible at all. So when harm occurs, responsibility should fall on those who controlled the relevant choices. That responsibility may be shared: model developers control training and release, product builders control permissions and deployment, and users control deliberate misuse.
Responsibility should follow meaningful control
That principle is missing from much of the debate over open-weight AI models, which often treats the decision to release a model as the only one that counts.
Axios recently reported that United States officials had considered measures that could restrict American companies from using Chinese open-weight models. Open-weight models make their trained parameters available for others to download, modify, and run on their own infrastructure, without going through the company that built them.
More than 230 companies and organizations have since signed an industry letter defending open weights. After critics accused Anthropic of supporting a ban on open-weight models, Anthropic CEO Dario Amodei published a statement denying that position. He described open-weight models that do not have dangerous capabilities as a public good and supported mandatory safety testing for sufficiently capable models, open or closed.
The disagreement is less about whether open weights can create risk than about when those risks justify restricting a release, and whether restrictions would improve safety or mainly concentrate power in the largest AI labs.
I am firmly in the open-weights camp. I have run and compared open-weight models, argued that digital sovereignty depends on who controls software, not where it comes from, and believe organizations should control their infrastructure and data instead of depending on a handful of providers.
I also believe consequential algorithms need oversight. More than a decade ago, I argued that we would eventually need something like an FDA for software. The harder question is where responsibility for that oversight should lie.
Open-weight models unbundle control
With hosted, closed-weight models from providers such as Anthropic and OpenAI, the provider typically keeps the weights private, controls how customers access the model, and decides when to update the hosted service.
Open weights can separate those roles. One organization creates and releases the model. A repository such as Hugging Face hosts and distributes the weights. Another team might fine-tune them. A product builder incorporates the model into a product and connects it to data, tools, and users.
Each team controls something different. Because open weights unbundle control, it becomes harder to say who is responsible when harm occurs.
A model developer controls the training process, capability testing, documentation, and release decisions. A repository controls what information it displays about a model's origin, which security checks it performs on uploaded files, and which access restrictions it provides or enforces. A product builder controls what data and tools the resulting system can reach, which actions require human approval, and what gets logged.
Control is not the only thing that matters, but it shows who could still have changed the outcome. When harm involves AI, several actors may bear responsibility for the same incident because each controlled a different opportunity to prevent it.
Open Source shows how responsibility follows control
Like open-weight models, Drupal's Open Source code can be copied and changed without asking anyone's permission. A site owner could use it to spread misinformation or operate a fraudulent website. The site owner controls the content and operation of the site and is responsible for those choices. The Drupal project is not responsible merely because someone used its code.
But the Drupal project controls other decisions. When someone privately reports a security vulnerability, the Drupal Security Team follows a coordinated disclosure policy. It keeps the issue private while a fix is prepared. Once a security release is available, the team publishes an advisory and tells site owners to upgrade. The timing of that disclosure can give site owners a fair chance to protect themselves.
The same distinction applies to AI. Responsibility should follow the decisions each actor controls.
Products turn capability into authority
A model generates outputs. An agent is a software system that uses a model to work toward a goal, often by calling tools and taking actions. The people who build and configure the agent decide what it can access, which actions it can take, and when it needs a person's approval.
In a coding agent such as Claude Code, a model can generate a database command. Whether that command can run depends on the tools and permissions the agent provides, as well as the access allowed by the computer, network, and database.
A content management agent can propose deleting an article. The content management system (CMS) determines whether the agent has permission to delete it, whether the deletion is reversible, and whether the action is recorded.
Permissions, isolation, audit logs, rate limits, human approval, and rollback are not merely engineering details. They determine who has control at the point where harm can still be prevented. That is why AI governance is becoming an essential part of product architecture.
Regulate AI at each point of control
Deciding who should answer after harm is easier, even when the answer is not obvious. The harder question is what government should require before any harm has happened.
If control and responsibility are distributed across several actors, government rules should be distributed across them too. This is not a new idea. We already regulate many technologies this way.
More than a decade ago, when I argued for something like an FDA for software, I had drug approval in mind. I no longer think that is the right model. The FDA approves a drug for one or more intended uses, while a general-purpose model may be used for many different purposes.
Cars are a better comparison. The government sets safety standards, and manufacturers certify that their vehicles meet them. Separately, drivers must pass a test defined by the government before they are licensed to drive.
The layers extend beyond cars and drivers. States set legal blood-alcohol limits for drivers and require bars to have licenses they can lose. In many states, a bar can also be held liable for serving a visibly intoxicated person who later causes harm.
Each rule targets the actor who controls a particular decision. Together, they reduce risk for everyone. I would take the same layered approach to AI.
Blocking a model's release is a much stronger step, and one that should rarely be used. For an open-weight model, that means preventing the developer from publishing the weights. For a closed model, it could mean preventing the provider from offering access.
I would support that only when safeguards in products and rules governing their use could not prevent a serious danger in time. The two-part test below applies only to this exceptional step, not to AI regulation in general.
Require extraordinary evidence to block a release
The strongest argument for restricting an open-weight release is that it is effectively irreversible. Once the weights are public, the developer cannot withdraw every copy, monitor how the model is used, or ensure that its safeguards remain in place.
If a model made catastrophic harm much easier, its release could be the last moment anyone had meaningful control. By catastrophic, I mean mass-casualty or comparably systemic harm, not ordinary product failure, fraud, or abuse.
As of July 2026, I have not seen public evidence that an open-weight model has crossed this threshold. That said, I believe it is just a matter of time, which is why I still think meaningful regulation is coming.
Before blocking a model's release, a government should have clear evidence that the answer to both questions is yes:
-
Would releasing this model make catastrophic harm much easier? Compare it with closed models and other tools people can already access.
-
Would blocking its release meaningfully reduce that danger? A restriction should not merely shift access to another country or distribution channel.
Default to openness with distributed responsibility
So where do I land today? I would default to allowing publication and place obligations where control already exists: on model creators for testing and release decisions, on distributors for provenance and file integrity, on product builders for permissions and deployment, and on users for deliberate misuse.
This approach also protects competition. A regulatory regime that only the largest labs can satisfy could protect them from competition without necessarily making anyone safer. It could also push organizations toward depending on a handful of providers for infrastructure they cannot inspect.
Open weights do not eliminate control. They distribute it, making it harder to say who is responsible when harm occurs. Regulation should follow that structure: place obligations on each actor at the point where harm can still be prevented, and block publication only when release would make catastrophic harm substantially easier and a restriction would materially reduce the danger.
09 Aug 2026 7:10pm GMT
Dries Buytaert: Helping agents discover my site search with MCP
This is the third post in a series about making my site's search available to AI agents. First, I published an API Catalog, which helps agents that already know to check my site find its search API. Second, I added an Agentic Resource Discovery (ARD) entry so my search can be indexed by "AI registries" (think search engines for AI agents).
So far, no agent has found my search on its own. The API Catalog has been a published IETF standard for over a year but I found no evidence that either OpenAI or Anthropic checks for it. ARD is newer, still a v0.9 draft, and I found no evidence that OpenAI or Anthropic supports it either.
In the meantime, what does work is a custom Agent Skill that points my AI assistants to the API Catalog, which leads them to my OpenAPI description and from there to the search itself. If and when agents adopt one or more of these discovery standards, I might be able to drop the skill and have it all work automagically.
Until last week, I had decided Model Context Protocol (MCP) was not worth implementing for my search API endpoint. It required an initialization handshake and could involve protocol-level sessions. My search doesn't need either: every query is stateless and anonymous. MCP felt like overkill for my simple use case.
The 2026-07-28 revision changed my mind because both the protocol-level session and the initialization handshake are gone. Every request can now be self-contained, which means that, for a service like mine, an MCP server is basically a POST route that returns JSON.
So I went ahead and implemented MCP support for my search endpoint. The whole thing came to one route and three small RPC methods: fewer than 150 lines of code, excluding tests.
You can call it from any terminal
In my testing, adding my site as a custom MCP connector to Claude Desktop, Claude Code, or ChatGPT still fails. These clients don't support the new protocol yet, which is understandable because it is only a week old. Once they catch up, anyone will be able to add dri.es as a connector, not just me.
Until then, an easy way to talk to my site with an MCP client is Simon Willison's mcp-explorer. You can run it with uvx, which comes with uv:
uvx mcp-explorer list https://dri.es/mcp
uvx mcp-explorer call https://dri.es/mcp search -a q "open source"
The first command prints the tool's name, description, and arguments. The second runs a search across my posts and returns up to twenty results.
Alternatively, you can use the raw protocol by running this curl command from a terminal:
curl -s https://dri.es/mcp \
-H "Content-Type: application/json" \
-H "MCP-Protocol-Version: 2026-07-28" \
-H "Mcp-Method: tools/call" \
-H "Mcp-Name: search" \
-d '{"jsonrpc":"2.0","id":1,"method":"tools/call","params":{"name":"search","arguments":{"q":"open source"},"_meta":{"io.modelcontextprotocol/protocolVersion":"2026-07-28"}}}' \
| jq .result.structuredContent
Discovery and invocation are separate layers
Having implemented support for three new standards, the useful thing I learned is that they are not alternatives.
ARD handles discovery: it gives registries a standard way to index and search for services like mine. OpenAPI and MCP handle invocation by defining how agents can call and use those services.
So the choice is not ARD or MCP. It is ARD plus OpenAPI, or ARD plus MCP.
For an anonymous, read-only API like mine, I prefer OpenAPI. It was easier to implement and anything that can make an HTTP request can use it.
MCP becomes more attractive when you have services that involve multi-step interactions, authentication, or explicit application state.
Ultimately, agent and crawler adoption will decide. Time will tell, but my money is on ARD and MCP right now.
09 Aug 2026 7:10pm GMT